sexta-feira, 7 de dezembro de 2012

Les petits chanteurs prennent leur croix


Voilà où conduit le légalisme borné et l’application bébête des lois : c’est dingue, quand les textes censés défendre un type de public se retournent contre lui. En l’espèce, les petits chanteurs à la croix de bois, qui ont fêté leur centenaire en 2007, se sont vus interdire de se produire en concert par la préfecture de l’Oise (où l’association est basée), qui en application du code du travail, exige que les enfants soient rémunérés pour leurs prestations, alors même que ni eux, ni leurs parents, ne réclament quoi que ce soit!
« Par décision du 27 avril 2009, le préfet de l’Oise n’a pas renouvelé l’autorisation donnée aux Petits Chanteurs à la Croix de Bois de se produire en concert. Cette décision risque de signifier l’arrêt définitif de l’œuvre centenaire d’un des choeurs les plus connus au monde », expliquait hier l’association dans un communiqué. Son vice-président, Alain Babaud, assure que l’assise financière de l’association n’est pas suffisante pour envisager une rémunération des enfants, la vente des billets de concerts et des disques suffisant tout juste, selon lui, à faire tourner les Petits chanteurs à la croix de bois.  « Nous ne sommes pas une entreprise de spectacle. Notre mission est d’abord éducative. Les concerts ne sont que la conclusion, agréable et joyeuse, de notre travail de formation », clame-t-il.
Voilà, c’est dit : c’est de l’éducatif, pas du business. Hier soir, les petits chanteurs ont donc dû annuler le concert qu’ils devaient donner dans une église du dixième arrondissement de Paris. Leur tournée a été suspendue et leur existence même est menacée. La préfecture de l’Oise, et plus généralement l’administration du travail (qui met également des bâtons dans les roues des chanteurs de Saint-Marc de Lyon, autrement dit les fameux choristes), veulent-elle tuer le bénévolat, et les prestations à titre gratuit? Car comme dit David Desgouilles, si l’on va dans cette direction, « le célèbre gala de danse moderne qui a lieu chaque fin d’année à l’école Roger-Salengro de Beauvais devrait quant à lui être annulé aussi puisque les petites danseuses, emmenées par la célèbre Josette Michu, enseignante aux CE2 de la même école, ne font pas l’objet de rémunérations d’intermittentes du spectacle malgré des chorégraphies magnifiques sur les chansons de Lorie et Amel Bent ». Certes. Et pendant ce temps, les tee-shirts fabriqués en Chine par des enfants, eux, n’émeuvent pas grand-monde…
Peut-on envisager de tuer ainsi la distinction entre amateurs et professionnels? Entre objectif lucratif et visée pédagogique? A ce compte-là, on peut déjà penser à rémunérer les bénévoles qui quêtent un dimanche par an pour la fondation Raoul Follereau.
Et le pire, dans tout cela, c’est que les chanteurs n’ont rien demandé, que les parents ne se plaignent pas, et que le conflit entre l’association et l’administration est donc purement théorique, j’allais dire purement gratuit… C’ets très sympathique de la part de l’Etat, qui quelque part, reconnaît par là le talent de ces jeunes choristes. Mais pourquoi vouloir protéger les gens d’eux-mêmes? Et au-delà de ce cas précis, où mettre la limite?
Question sottise et persévérance dans l’idéologie et le souci du détail, cette histoire vaut largement celle de la Halde
reference: http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2009/04/30/les-petits-chanteurs-prennent-leur-croix/ 
 
Crédits Photos : © 2007 J.Cresp / P CCB

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